Publié le 27 octobre 2026
– Mis à jour le 28 octobre 2026
Notre centre de recherche MMC a le plaisir d'accueillir deux nouveaux membres cette année:
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Gwendal Piégais, chargé de recherches FNRS.
Projet de recherche : "Les agents de l'intervention : une histoire trans-impériale de l'intervention alliée dans la Guerre civile russe (1917-1921)", sous la direction de Pieter Lagrou.
La révolution russe d'octobre 1917 et l'effondrement des empires allemand et austro-hongrois déclenchent une série de conflits en Europe centrale et orientale, prolongeant la violence de la Grande Guerre en une série de combats frontaliers et révolutionnaires. En 1918, les alliés britanniques et français interviennent directement en Russie pour soutenir les forces antibolcheviques. Leur campagne, appelée "intervention alliée", mobilise environ 250.000 soldats provenant d'au moins dix pays dans plusieurs opérations en Ukraine, à Arkhangelsk, Mourmansk, dans le Caucase, en Sibérie. Cette recherche postule que l'intervention alliée doit être questionnée comme un moment impérial. En effet, les Britanniques et les Français mobilisent des forces issues de leurs empires et mènent des projets d'expansion économique.
L'objectif de cette recherche est ainsi d'étudier les missions économiques et techniques françaises et britanniques dans le contexte de la guerre civile russe (1917-1921). Ces missions déploient un personnel formé dans les colonies, dans l'industrie ou la finance française et britannique. Leurs membres considèrent la Russie comme un pays sous-développé sur les plans économique, technologique et culturel, mais regorgeant d'opportunités. En proposant une étude socio-historique des acteurs de l'intervention, ce projet vise à démontrer que cette campagne prend un nouveau sens lorsqu'elle est replacée dans une histoire globale et connectée des empires.
- Rémi Beloeuvre, Aspirant FNRS
Titre de sa thèse: « Une histoire de la captivité des cétacés dans les delphinariums et laboratoires cétologiques européens (ca. 1957-présent). Matérialité, savoirs, controverses », sous la direction de Chloé Deligne.

Ce projet ambitionne d'étudier l'histoire des delphinariums en Europe, de 1957 à nos jours, en se positionnant au croisement de l'histoire des sciences, de l'histoire environnementale, et de l'histoire animale. Introduits en Europe dans les années 1960, les delphinariums suscitent d'emblée un engouement populaire et scientifique: lieux de spectacle de prime abord, ils offrent également des opportunités pour la recherche cétologique. Les delphinariums se heurtent cependant, à partir des années 1980, à la critique de la captivité, qui opère tant sur le plan éthique - les delphinariums seraient pour les cétacés une "prison" - qu'épistémique - ils ne livreraient que des résultats scientifiques artificiels. Cela incite plusieurs pays européens à interdire ou restreindre la captivité des cétacés, leur octroyant un statut juridique singulier. En réponse, les défenseurs des delphinariums mettent en avant leur rôle éducatif, les progrès zootechniques réalisés, et leurs applications en matière de bien-être animal et, potentiellement, de conservation ex situ. Dès lors, comment la trajectoire des delphinariums européens illustre-t-elle les dynamiques entre exploitation récréative, sciences zoologiques et captivité animale à l'époque contemporaine? En croisant l'étude de trois delphinariums historiques (Whipsnade, Anvers et Kolmarden) et de plusieurs laboratoires cétologiques; et en décrivant la trajectoire des mobilisations anti-captivité au Royaume-Uni et en Belgique, il s'agira d'étudier les recouvrements et les tensions entre activités récréatives et scientifiques, les manières dont elles agissent sur les vies animales captives, et s'articulent avec la critique ou la légitimation de la captivité.